Courrier reçu de Soeur Tugdual lu par Soeur Mireille Lantrade

A vous tous qui célébrez les 25 ans de la re-construction de l’Ecole de la Croix,

Je suis désolée de n’être pas parmi vous aujourd’hui. L’opération qui s’est déroulée dans la propriété sise rue de Vaugirard - rue des Volontaires - rue Mathurin Régnier, est la première grande opération immobilière que j’ai eu à traiter au plan administratif, et elle était d’envergure : démolition de la façade vétuste, mais quelque peu pittoresque, au 233 rue de Vaugirard, démolition de l’Ecole de la Croix, rue Mathurin Régnier, vente d’une parcelle de terrain, rue Vaugirard, et d’une part de droits à construire prélevés sur l’ensemble de la propriété… Tout cela avait été soigneusement étudié par un comité de pilotage dont quelques membres sont là aujourd’hui, tandis que d’autres déjà dans leur éternité, présents à notre souvenir en ce moment, ont droit à notre reconnaissance.

Il ne fallut pas moins de trois heures, le 30 juin 1980 pour expliquer ce projet si complexe, au chef du Bureau des Cultes et obtenir toutes les autorisations nécessaires. Le premier coup de pioche de démolition ne se fit pas attendre. Et puis ce fut l’arrivée des portacabines,(je ne suis pas très sure de l’orthographe)  joie des enfants devant ces classes d’un nouveau genre, inquiétude des parents à la vue des grues immenses dont le déploiement survolait presque les cours de récréations, angoisse de celles qui réceptionnaient les matériaux de construction… Que d’imprévus, d’incidents, auxquels Madame Stervinou fait face avec son calme habituel (tout au moins en apparence) avec Monsieur Messager qui n’avait à l’époque que 3h00 hebdomadaire de décharge de direction ! Et quelle action  de grâces en fin d’année scolaire « tout s’était si bien passé », et le 14 septembre 1982 les enfants, et les institutrices faisaient une rentrée presque triomphale dans leur Ecole de la Croix, rénovée dans ses bâtiments,  et toujours fidèle à son projet éducatif, celui que des générations de Soeurs enseignantes avaient bâti dans une évolution constante aux appels de l’Eglise et aux besoins toujours nouveaux des enfants, sans oublier l’ouverture à ceux qu’un handicap atteignait plus ou moins profondément.

Je me permets d’évoquer un souvenir plus particulier, laissant à Sœur Vincent et à Mme Stervinou le soin de le commenter : la réception des travaux par très mauvais temps : il pleuvait des cordes ; ces messieurs de l’administration n’eurent pas le courage d’affronter pluie et vent, de traverser la cour, et du coup, le préau du jardin des soeurs construit pour l’Ecole « à titre provisoire », échappa à leurs regards, et à l’avis de destruction qui aurait dû être prononcé. Et comme il arrive encore assez fréquemment, le provisoire devint définitif… et est annexé aujourd’hui en partie par l’A.P.E.L

Et que cette fête du 15 février soit pour l’Ecole de la Croix, une fête de mémoire, tournée vers un avenir que je souhaite de longue durée.

Tréguier, le 12 février 2008

Sœur Tugdual Salaün